Alimentation des agneaux et des moutons

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Alimentation des agneaux et des moutons

Message  cindy59000 le Sam 20 Sep - 1:44

Les éleveurs de moutons doivent être versés dans l’art de bien nourrir leur troupeau. Pour être rentable, le troupeau est nourri en fonction de son stade de production, sinon la productivité peut être compromise et des maladies d’origine nutritionnelle peuvent se développer. Au Canada, à cause du climat et du coût des terres, les troupeaux sont nourris, pendant une bonne partie de l’année, de fourrage et de céréales mis en réserve. Comme les brebis portent généralement plus d’un agneau par année, leurs besoins alimentaires augmentent. L’équilibrage des rations est très important, car un excès ou une carence des éléments nutritifs, quels qu’ils soient, peut avoir des effets néfastes sur le poids, la qualité de la laine ou la reproduction. La race, le type de logement, la qualité du fourrage et le climat peuvent influencer considérablement le régime alimentaire, car ces facteurs ont tous un effet sur les besoins énergétiques et protéiniques, la qualité et la disponibilité des pâturages, et le niveau des éléments nutritifs et des oligoéléments présents dans les aliments.

Les principaux éléments nutritifs comprennent les fibres (fourrage grossier), les hydrates de carbone, les protéines, ainsi que les vitamines et minéraux. En plus de l’eau, qui doit être accessible en tout temps, le principal composant du régime alimentaire est l’herbe de pâturage, ou le fourrage séché ou d’ensilage, comme le foin ou le fourrage préfanés. Il existe de nombreux types de foin et d’herbe de pâturage; ils présentent des écarts importants sur le plan de la teneur énergétique, protéinique, et en minéraux comme le calcium et le phosphore. En outre, l’état du foin, qu’il soit mûr et fibreux, ou jeune et tendre, influence son goût, sa teneur en fibres (digestibilité) et sa valeur nutritive. Les moutons ont la réputation de pouvoir paître dans un pré qui serait inadéquat pour d’autres espèces. Toutefois, une densité suffisante est essentielle pour répondre aux besoins alimentaires des animaux, et pour éviter d’épuiser le pré ou de compromettre la croissance du fourrage et sa qualité.

Les moutons ont besoin de suppléments minéraux et vitaminiques pendant toute l’année. En général, on leur donne des blocs de sel et de minéraux qu’ils lèchent à volonté, mais ils consomment plus volontiers les cristaux de sels et de minéraux. Les suppléments de minéraux et d’oligoéléments comprennent le cuivre, le phosphore, le calcium, le soufre, l’iode, le manganèse, le molybdène, le cobalt, le fer et le zinc. Dans beaucoup de régions du Canada, l’environnement est pauvre en sélénium, de sorte que l’éleveur doit en ajouter à la ration des animaux. Une carence en sélénium peut faire mourir les moutons de dystrophie musculaire. Le sol du bassin des Grands Lacs et du sud du Manitoba est déficient en iode. Sans supplément d'iode à longueur d’année, le taux d’avortements et de mortinaissances dus au goitre augmente. Il peut aussi être nécessaire de donner des suppléments vitaminiques. La vitamine E, un antioxydant important, doit être ajoutée aux rations de céréales et de fourrage ensilés. Des suppléments de vitamine D peuvent être nécessaires pour prévenir les maladies osseuses, surtout chez les agneaux qui grandissent à l’intérieur. Il faut éviter de donner des suppléments de cuivre, car les moutons sont très vulnérables à l’intoxication au cuivre et n’ont besoin que du quart de la ration quotidienne des bovins. Par conséquent, les moutons qui reçoivent des aliments destinés aux bovins risquent de mourir d’intoxication au cuivre.

Les brebis gestantes (dernier trimestre) ou en lactation ont besoin d’un apport nutritionnel plus élevé pour favoriser la croissance du fœtus et la production de lait. Les brebis qui portent des jumeaux ont besoin d’un apport énergétique deux fois plus grand. Pendant le troisième trimestre de la gestation, les brebis sont sujettes au prolapsus vaginal, ou descente des voies génitales, si elles consomment des légumes contenant des composés semblables à l’œstrogène ou si elles sont soumises à d’autres pratiques alimentaires défectueuses.

Parfois, les éleveurs « gavent » les brebis pour augmenter leur fertilité. Cette pratique consiste à accroître l’apport calorique pendant trois semaines avant et après l’accouplement. Les béliers ne s’alimentent pas bien pendant la période d’accouplement et, souvent, leur état physique se détériore. Il est important que les béliers soient en bonne forme avant la période d’accouplement, sinon le taux de fertilité sera réduit.

Les agneaux doivent être allaités dès les premières heures de vie; le colostrum, un lait riche en protéines et en gras, leur fournit un bon premier apport énergétique et des anticorps. À la naissance, le système immunitaire des agneaux est déficient, de sorte que l’absorption d’une quantité suffisante de colostrum de bonne qualité peut augmenter leurs chances de survie. Les agneaux peuvent être élevés entièrement dans un pâturage, mais leur croissance est plus lente que celle des agneaux qui reçoivent des suppléments de céréales. Les agneaux qui sont mis en marché jeunes reçoivent leur première ration de céréales à l’âge d’environ deux semaines. Une fois sevrés, ils reçoivent des aliments semblables à ceux des adultes, mais les agneaux d’engraissement qui seront menés à l’abattoir reçoivent des céréales et du fourrage à volonté. Les brebis gardées pour la reproduction ne sont pas nourries à volonté, car un excès de gras diminue la production de lait, à cause de l’infiltration de gras dans les glandes lactifères.

Les vétérinaires et les fermiers collaborent pour veiller à détecter et à corriger les déséquilibres alimentaires. Un échantillon de fourrage devrait être envoyé à un laboratoire au moment de la récolte, afin de déceler les déséquilibres ou les carences en éléments nutritifs. L’éleveur peut ensuite en équilibrer la teneur énergétique et protéinique. La gestion de l’alimentation est également abordée avec le vétérinaire pour garantir que les rations sont ingérées adéquatement, afin d’éviter les maladies d’origine alimentaire et de maximiser la productivité.
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